Contenu

Projet ASURET

Titre

Analyse Systémique de l'Utilisation de Ressources renouvelables de la Technosphère.

Durée

3 ans : 2010-2013

Partenaires

Membres du CREIDD impliqués

Financement

Le projet ASURET est lauréat de l'appel à projets ECOTECH (production durable et technologies de l'environnement) lancé par l'ANR (Agence Nationale de la Recherche).

Montant total : 1 764 314 €

Description

Le développement de notre société repose notamment sur l’extraction, au coût le plus bas possible, de matières premières et d’énergie du sous-sol, leur transformation et leur accumulation dans la technosphère, puis leur rejet vers l’extérieur sous forme de déchets. L’augmentation de la demande a toujours été traitée par celle de la production. La prise de conscience du caractère non renouvelable de certaines ressources naturelles, les tensions observées sur les marchés, la pression réglementaire croissante impulsée par l’UE, notamment aux travers des Directives déchets, remettent en cause ce postulat. La transition vers des territoires durables et une maîtrise de l’entropie territoriale supposent une réorganisation et une diminution des flux externes (les entrées et sorties du système) et des flux internes (en optimisant la réutilisation de la matière et de l’énergie). Il s’agit de changer de paradigme en allant vers une approche systémique du territoire, probablement plus adaptée à la définition d’un modèle de développement cohérent.

Un territoire soutenable doit s’envisager en termes de durabilité interne mais également externe, au regard de ses interactions potentielles avec d’autres territoires. Cette analyse est cependant encore difficile à réaliser, tant au niveau de l’organisation des flux, que de la structuration qualitative et quantitative des échanges. Une analyse du métabolisme des territoires au travers d’une approche systémique (« penser globalement et agir localement ») permettrait probablement de favoriser le développement de modèles de production et de consommation plus vertueux. Dans le même temps, le marché national des filières de collecte, de traitement et de valorisation des matériaux issus de la déconstruction peine à décoller sur le plan économique. Les questions du recyclage et de la valorisation sont principalement posées à l’échelle d’un projet, d’une ville ou d’une collectivité locale d’extension définie, sans que soient abordées les questions préalables des échelles spatiale et temporelle, de la disponibilité et de la pérennité de la ressource.

ASURET posera, au travers d’une approche systémique, les bases d’une réflexion sur le long terme en considérant les territoires comme des gisements de matériaux évolutifs dans le temps et l’espace qu’il convient de caractériser et dont les conditions d’exploitation techniques et économiques restent à discuter (évaluation et utilisation des ressources accumulées dans la technosphère, anticipation des impacts de l’évolution des modes de construction et de déconstruction). 

ASURET propose d’aborder, au travers de l’exemple des matériaux de construction (qui représentent à eux seuls environ 40% du tonnage des matériaux transportés chaque année), les questions de l’échelle spatiale et temporelle auxquelles doivent être pensées les filières de recyclage et valorisation, les conditions économiques, techniques et sociétales de leur optimisation : Quelles installations, quelles capacités, quelle localisation, pour quels matériaux ? Comment développer les synergies, comment mesurer les progrès ?

Compte tenu de la multiplicité des acteurs de la construction et de l’aménagement, seule une approche systémique permettra de favoriser l‘émergence de nouvelles pratiques plus durables. Le rassemblement de ces acteurs, aux préoccupations souvent antinomiques, autour d’objectifs communs de réduction des impacts environnementaux, passe par la définition de nouveaux référentiels ou critères d’analyse. La communication autour de ces enjeux constitue un élément clé dans le changement des mentalités. La démarche aboutira à la construction d’un prototype d’outil d’aide à la décision basé sur une analyse multicritère, utilisant en particulier les résultats d'une analyse de cycle de vie  globale de l’utilisation de matières secondaires dans l'économie. Ce prototype sera testé à partir de différents scénarios simulés sur des cas d’application choisis sur les deux territoires d’étude (Ville d’Orléans et Conseil Général des Bouches du Rhône) et mis à disposition de l’ensemble des acteurs du secteur de l’aménagement et du BTP.