
La deuxième thématique allie les compétences de l’ensemble de l’équipe et constitue notre cur d’activité, nourri en partie par les travaux issus des deux autres thématiques. Il s’agit de travailler sur les stratégies d’acteurs les plus aptes à répondre aux besoins humains, sans fragiliser la capacité de la biosphère à répondre également dans le futur à nos besoins.
Ces stratégies s’articulent soit au niveau d’une filière, soit au niveau d’un territoire :
Bien que le travail accompli au sein du CREIDD dans ce domaine concerne au premier chef le monde industriel, la composante territoriale est systématiquement présente. Il s’agit de comprendre comment faire émerger des pratiques inspirées des principes de l’écologie industrielle, qu’il s’agisse d’une zone d’activité, d’une agglomération ou d’un territoire plus large. Ces pratiques ne peuvent émerger sans modification des modes de relation entre acteurs. L’on constate en effet régulièrement que les principes d’écologie industrielle ne parviennent à émerger par manque d’incitation à la coopération. Les acteurs industriels sont davantage structurés en fonction d’appartenance à des filières qu’en raison d’une appartenance commune à un territoire. La mondialisation n’a fait qu’accroître cette tendance en lien avec l’essor d’une économie de marché fondée sur l’industrialisation. Or, le potentiel de synergies et de symbioses entre acteurs se situe davantage entre filières d’activité. Le niveau territorial redevient en ce sens moteur de nouvelles formes d’interaction entre filières industrielles, mais également entre le monde industriel et les autres acteurs du territoire (monde agricole, collectivités locales et territoriales). Le CREIDD s’intéresse donc particulièrement à l’émergence de ces nouvelles formes de coopération, aidé en cela par des collaborations avec d’autres équipes de recherche, plus en pointe en ce qui concerne l’outil incontournable en écologie industrielle que constitue l’analyse du métabolisme territorial.
Au niveau des filières, le travail du CREIDD se concentre aujourd’hui sur les nouvelles relations qu’il est possible de tisser entre les entreprises et leurs clients. L’économie de fonctionnalité apparaît en particulier comme un nouveau « business model » doté d’un potentiel non négligeable pour inciter les entreprises à « dématérialiser » leurs activités. L’adoption de ce nouveau « business model » est cependant source de profondes modifications dans la façon d’appréhender le marché. Il faut répondre à des besoins comme précédemment, mais la rentabilité de l’entreprise est corrélée à sa capacité à y répondre en produisant le moins possible. Y parvenir n’est cependant pas choses aidée, tant par ce que cela implique de changements internes à l’entreprise dans sa façon de travailler, voire dans la définition de son métier. Cela modifie également les relations que peut avoir une entreprise avec ses clients, en particulier avec le consommateur final.
Sur ce sujet, l’équipe du CREIDD travaille autant sur les conséquences de l’adoption par une entreprise du modèle de l’économie de fonctionnalité que sur les conséquences sociétales que comporterait une adoption massive de ce modèle.
Soulignons par ailleurs que l’économie de fonctionnalité est un moyen puissant d’introduire les principes de l’éco-conception en entreprise. Tant l’un que l’autre réfléchissent en effet à partir de la notion de fonction et de son lien avec les besoins des utilisateurs. Le thème de l’économie de fonctionnalité est, de ce fait, particulièrement riche d’interactions entre les sciences sociales et les sciences de l’ingénieur présentes au sein de l’équipe.
Nicolas Buclet, Sabrina Brullot, Tatiana Reyes, Serge Rohmer, Grégory Lannou, Mélanie Bruneval
Étude comparative des éco-parcs Chine-Europe. Direction D.Bourg (UNIL) financée par la Région Champagne-Ardennes.
Elaboration d’une méthodologie sur la démarche à suivre pour lancer un projet d’Ecologie Industrielle. Co-direction N. Buclet et D. Bourg financée par le Conseil Général de l’Aube.
Implications sociétales de l’économie de fonctionnalité, financée par l’Ademe et EDF, co-direction N. Buclet et D. Bourg (UNIL)
Performance économique et performance sociétale des modèles économiques d’opérateurs intégrés : économie de fonctionnalité et innovation des systèmes de demande, CIFRE GDF, co-direction N. Buclet et P. Baumard (Université Aix-Marseille)
Pôle Français d’Ecologie Industrielle (PFEI) : http://www.france-ecologieindustrielle.fr/
Coordination d’ARPEGE (Atelier de Réflexion Prospective sur l’Ecologie Industrielle) financé par l’ANR. Consortium de 19 partenaires dont EDF, GDF, Lafarge, Séché Environnement, INSA-Lyon, INT-Evry, Université Paris VIII… : 2007-2008
Participation au projet ANR COMETHE Conception d'outils méthodologiques et d'évaluation pour l'écologie industrielle coordonné par l’association OREE (13 partenaires), 2008-2010.
Animation du Club d’Ecologie Industrielle de l’Aube (Conseil Général, chambres consulaires, CAT)
Coordination du GT sur l’économie de fonctionnalité au CNDD (Conseil National du Développement Durable)
Couloir rhodanien de la chimie (projet dirigée par l’INSA Lyon) : implication dans la méthodologie du recueil et traitement des données d'enquête, grâce au logiciel Umberto PHS : 2007-2008